Ivano Frankivsk (Stanislau) – Diversité religieuse et amour de l’Art en Galicie

25/01/2010 at 13:20 | In A propos de l´Ukraine ouest | Leave a Comment
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Ivano Frankivsk - Diversité religieuse et amour de l’Art en Galicie

Ivano Frankivsk - Diversité religieuse et amour de l’Art en Galicie

Celui qui, venant de l’Ouest, désire se rendre dans les Carpates, doit obligatoirement passer par Ivano-Frankivsk. Cette petite ville charmante se situe sur une petite île formée par la convergeance de deux bras de la rivière Bystritsa. Ceci conféra au lieu au Moyen-Âge une position stratégique intéressante.

En ce lieu important à défendre, le prince polono-galicien André Potocki fit construire à la place du village de Zabolotya une puissante forteresse, qui devait protéger ses terres des attaques des Tatars et des Turcs mettant régulièrement la région à feu et à sang pour se procurer nourriture, armes et munitions. Il nomma la forteresse d’après son fils Stanislav.

La forteresse fut construite dans un délai très court d’après les règles de l’art défensif de l’époque. De hauts murs épais de plusieurs mètres, un talus entourant le château et de larges bastions avaient pour but de protéger les habitants du bourg fortifié. Elle était tellement bien construite qu’elle résista en 1672 aux attaques d’un grand seigneur turc lors d’une bataille sanglante. Par la suite, on construisit un réseau de tunnels, qui, partant de l’actuelle mairie située en centre-ville, menaient parfois très loin, comme par exemple à la ville de Halyc située à 25 km d’Ivanovo. Ces tunnels furent utilisés pendant la Seconde Guerre Mondiale, afin de fuir la ville. Aujourd’hui il est possible d’en visiter certains.

La construction de la forteresse Stanislaviv marqua la fin des razzias et le début du développement économique de la ville. Dès la fin du 17e siècle, la ville fut soumise au Droit de Magdebourg, accordant certains privilèges aux citoyens. La ville était peuplée d’Ukrainiens, de Polonais, d’Arméniens et de Juifs. La ville était plutôt bien située pour le commerce, car elle se trouvait sur les routes marchandes menant de la Bessarabie aux pays baltes et de Kiev à l’Europe centrale. Le développement du commerce amena prospérité et abondance à la ville.

Lorsque la Prusse, la Russie et l’Autriche se partagèrent le Royaume de Pologne en 1772, Stanislaviv fut attribuée à l’Autriche, et son nom fut changer en Stanislau, L’empereur Joseph II voulut développer économiquement la région et pour cela envoya de nombreux colons dans sa nouvelle province. Il y abolit l’esclavage et promit l’égalité de tous devant la loi. De nombreux Allemands, Hongrois, et plus tard des Autrichiens et des Juifs (qui représentèrent jusqu’à 40% de la population) s’y installèrent, ce qui marqua le début d’une époque particulièrement prospère pour le commerce et l’artisanat. Ce qui était caractéristique pour l’époque, était le fait qu’autant de nationalités différentes vivent ensemble et se côtoient en harmonie. La liberté de religion était garantie, et des églises et synagogues de tous courants religieux furent construites.

En 1804, on réduisit la hauteur des murs de la citadelle, puisque les Turcs avaient été repoussés depuis longtemps. On pava les rues et les places, et les premières usines firent leur apparition. La ville continua à se transformer, avec la construction de maisons à plusieurs étages et l’ouverture de banques. Une vie urbaine à multiples facettes se développa, avec ses cafés, ses restaurants, ses galeries, parcs et jardins, ses théâtres et ses hôtels.

Des voyageurs venant de Vienne se rendent souvent à Ivano-Frankivsk par la ligne ferroviaire passant par Czernowitz. Avec l’arrivée de visiteurs étrangers, le tourisme se développa dans la ville même ainsi qu’au-delà, des circuits partant d’Ivanovo et allant dans les Carpates, en Pocutie à Vorochta et Yaremtcha furent développés, et le tourisme devint un secteur d’activité porteur dans la région.

Parallèlement aux touristes, de nombreux linguistes et ethnographes ukrainiens s’établirent à Stanislau. Parmi eux le fameux poète ukrainien Ivan Franko (1856-1916), très engagé dans le mouvement nationaliste ukrainien et pour le développement d’une culture et d’une langue ukrainiennes. Suite à cela, de nombreux cercles culturels patriotiques virent le jour dans la ville, telles que Prosvita » (Les Lumières), « Plast » und « Sokoly » (Les Faucons).

Après la chute de l’Empire Austro-Hongrois à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la région devint pour une courte période un Etat ukrainien, la République populaire d’Ukraine occidentale. Dès 1919, son invasion par les troupes polonaises, soutenue par la population polonaise majoritaire y mirent un terme, et Stanislau, rebaptisée Stanislavov, devint, et jusqu’à 1939, la capitale de la Voïevodie polonaise du même nom.

Le pacte germano-soviétique prévoyant de radier la Pologne de la carte, les troupes soviétiques marchèrent sur la ville. Sous le Diktat soviétiques, nombreuses furent les églises qui furent fermées et pillées. Il faut mettre au compte de la Terreur stalinienne la quasi-disparition de l’élite ukrainienne, et la ville de Stanislau, soumise aux plans d’agriculture intensive prescrivant l’exploitation abusive de son sol fertile, s’appauvrit grandement.

Stanislau vit arriver et repartir par deux fois les troupes nazies et soviétiques. Les Nazis exterminèrent la totalité de la communauté juive, ce qui laissa des traces encore palpables.

A l’occasion des 300 ans de la ville, Stanislau fut rebaptisée Ivano-Frankivsk, en l’honneur du grand poète ukrainien Ivan Franko. Peu après, en pleine période de guerre froide, la ville disparut à nouveau de la carte, car on installa tout autour des usines d’armement et des hangars de stockage pour des éléments de missiles atomiques. Les écoliers de la ville sont inscrits officiellement à « l’école moscovite no 602 », une école fictive, les autorités souhaitant cacher le véritable lieu de vie de ces écoliers et de leurs parents.

C’est seulement en 1991, avec la chute de l’Union soviétique et la création de l’Ukraine, que la situation de la ville retourna à la normale. A la fin des années 90, la ville connut un véritable boom économique. Des investisseurs étrangers placèrent de l’argent dans la ville, ce qui permit la création d’emplois et de revenus stables. Cela permit aussi à la municipalité de trouver l’argent pour restaurer le centre-ville historique. Aujourd’hui, Ivano-Frankivsk est considérée en Ukraine comme une ville où il fait particulièrement bon vivre et est l’un des lieux de résidence préféré des Ukrainiens.

D’un point de vue touristique, la ville d’Ivano-Frankivsk est également particulièrement intéressante. Parallèlement aux traces architectoniques de son histoire peu commune, on y trouve des édifices des principales religions représentées en Ukraine. Les rues, les places, les monuments et les jardins publics rappellent sans cesse ce passé commun. Par exemple le jardin Kratter (Kratterivka), nommé ainsi en souvenir de l’urbaniste allemand Frantisek Kratter, qui conçut en 1827 le premier jardin public de la ville.

Dans l’ancienne église de la Ste Vierge se trouve le musée d’Art de la ville, qui sera bientôt pourvue de plusieurs salles d’exposition supplémentaires. Car dans les archives du musée sont encore entreposés des milliers d’objet : des icônes, des sculptures baroques, et des œuvres appartenant à l’art ukrainien occidental, qui ne pouvaient pas être exposés faute de place.

Le palais Potoci, construit par le fondateur de la ville pour sa famille, et entouré d’un parc magnifique, est l’un des édifices les plus impressionnant d’Ivano-Frankivsk. Le roi polonais Jean Sobieski et l’empereur Jospeh II y séjournèrent.

Comme nous l’avons déjà évoqué, Ivano-Frankivsk se trouve tout près des Carpates. Vous pourrez trouver là-bas de nombreuses possibilités de vous détendre et de nombreuses choses à découvrir. Vous pourrez y passer vos vacances dans un cadre préservé, ou bien partir à la découverte de la région à cheval ou sur des VTT, descendre le Dniestr en rafting, ou bien encore expérimenter l’escalade en plein air. Bien entendu, de nombreuses pistes de ski de fond et de ski alpin et chemin de randonnée vous permettront de goûter aux plaisirs des sports d’hiver, sans le stress des grandes stations.

Vous aurez également la possibilité de découvrir la culture houtsoule, en observant par-dessus leur épaule des artisans au travail, ou bien en chinant sur les marchés de Kosiv ou Kolomia à la recherche d’une pièce de vêtement traditionnel. Sinon, faites fi de la civilisation et partez pour une, deux semaines, ou plus, vivre comme les gens d’ici le faisaient il y a cent ans.

Conseils restaurant à Ivano-Frankivsk

Restaurant Trinatsat (Treize), vul. Hrushevskogo Ce bistrot, entre le  bar et le restaurant, vous enchantera par ses plats goûtus servis en grosses portions. Fourchette de prix: moyenne.

L’Anneau d’Or autour de Lviv

25/01/2010 at 13:11 | In A propos de l´Ukraine ouest | Leave a Comment
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Le chateau de Pidhirtsi

Le chateau de Pidhirtsy

Tout autour de Lviv se trouvent de nombreux petits châteaux, monastères et bourgades témoignant de l’histoire riche en couleurs et de la diversité culturelle de la Galicie. Ceux-ci forment l’Anneau d’Or, ou le Fer à Cheval d’Or, autour de Lviv. Cette visite est particulièrement recommandée aux férus d’histoire et de culture en complément de la visite de Lviv.

Jovkva

La cité moyenâgeuse de Jovkva est un lieu incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la culture, des religions et de l’architecture. Cette cité fortifiée, construite en 1594, où le roi polonais Jean III élut domicile au 18e siècle, fut de tous temps un centre particulièrement important pour les Beaux Arts.

De vagues successives de construction naquit une ville harmonieuse, avec une structure datant du 17/18e siècle. Au pied du château de Jovkva fut construite une grande Place du Marché agrémentée de petits puits. Les seuils des maisonettes entourant la place furent, eux, pourvus d’arches, afin de protéger marchands et marchandises des intempéries.

La ville a été et est encore de nos jours un centre religeux important de Galicie. Ceci est confirmé par son nombre important d’églises et de monastères. L’église paroissiale St Laurent, avec les caveaux finement ciselés des familles Danilovitch, Sobieski et Zolkievski, la synagogue de Jovkva avec sa façade style Renaissance inimitable, le monastère St Basile et sa fameuse Eglise de la Nativité, et où se trouvent les peintures originales de Youri Boutsaniouk, ainsi que le cloître dominicain et son église St Joseph sont des monuments incontournables de Jovkva.

A la périphérie de la ville, les églises en bois de la Sainte Trinité et de la Nativité de la Mère de Dieu témoignent du savoir-faire exceptionnel des artisans de la region.

Nous vous conseillons également une excursion dans le village avoisinant de Krekhiv, où vous aurez l’occasion de visiter le monastère St Basile et l’église St Nicolas, accueillant chaque année jusqu’à aujourd’hui un séminaire théologique. Les murs massifs, les tours défensives et l’imposant portail d’entrée sont les caractéristiques marquantes de ce monastère fortifié. Entièrement restauré dans les années 90, c’est un monastère pimpant et flambant neuf qui se prête aujourd’hui à la visite.

Olesko

Il fut un temps où le château d’Olesko était une puissante forteresse. C’est d’ici que les troupes de la Russie kiévienne repoussèrent les attaques venues de l’Ouest. Au fil du temps, les fortifications furent renforcées, et l’enceinte du château fut agrandie.

Après la conquête de la région par les polonais, Olesko devint la résidence de magnats appartenant à la haute noblesse, et les plus grandes familles polonaises de l’époque y élirent domicile. Le roi Jean III Sobieski naquit ici et y passa son enfance. Un grand parc fut aménagé autour du château, qui invite aujourd’hui le visiteur à une agréable promenade au milieu d’œuvres d’art.

Le château, rénové au 17e siècle dans le style Renaissance, est aujourd’hui l’un des bijoux architecturaux de la région. Dans la tradition du roi Jean Sobieski, grand amateur et collectionneur d’art, le château abrite une collection d’art magnifique, comprenant des pièces de maître de ces derniers siècles.

Pidhirtsy

Une promenade le long des allées de peupliers du parc de Pidhirtsy offre un panorama incomparable sur les beautés de ce lieu. Car à cet endroit, sur les hauteurs, se dresse le plus beau château de style Renaissance tardive d’Europe de l’Est. Cet édifice somptueux aux façades richement ornées ainsi que la vue magnifique du château laissent imaginer la folie des grandeurs de ses habitants.

Car ici résidèrent d’illustres princes et rois de Pologne, Stanislav Koniecpolski et Jean III Sobieski.

Le château fut récemment entièrement restauré et à l’été 2008 réouvrit ses portes dans toutes sa splendeur aux visiteurs. A Pidhirtsy se trouve la filiale d’une galerie d’Art de Lviv, possédant une collection impressionnante de tableaux et de sculptures. Des services liturgiques en ukrainien et en polonais se déroulent également aujourd’hui dans l’église de l’Exaltation de la Ste Croix attenante au château.

Nous conseillons aux personnes se rendant à Pidhirtsy de visiter également l’église St Michel, une église de bois traditionnelle particulièrement bien conservée, ainsi que le cloître St Basile situé à proximité.

Zolotchiv

Le château de Zolotchiv, datant du 17e siècle, est considéré comme l’un des modèles de l’art défensif de l’époque. Afin de mieux le protéger, le château fut agrémenté des murs imposants et des talus et entourés de bastions pourvus de canons. Ce château était à l’époque l’une des forteresses les plus modernes de la région.

Aujourd’hui, il est possible de visiter le palais style Renaissance tardive et le palais chinois, dans lesquels sont exposés des œuvres d’arts provenant de l’imposante collection de la Galerie d’Art de Lviv.

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